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  Jean-Claude Colin - Pomeys
Un fondateur
Il s'agit d'un prêtre (du temps où ils portaient soutane et rabat), d'un religieux (en un siècle qui s'est terminé par leur expulsion de France), mais aussi, et voilà qui le rend peut-être plus proche de nous, d'un fondateur. Un fondateur, c'est à dire, par définition, un homme que l'Eglise existante avec son réseau d'activités n'a pas satisfait, un homme qui, sans jouer à l'illuminé ou au réformateur de pointe a, simplement mais efficacement, pensé qu'il fallait autre chose.

Comme bien d'autres avant lui, il a regardé au delà des congrégations en exercice, vers cette Eglise naissante un peu idéalisée des Actes des Apôtres, comme au seul modèle possible, et il a osé dire qu'il « fallait recommencer une nouvelle Eglise ». Il pouvait le dire paisiblement sans risque d'être mal compris, car l'image de cette Eglise nouvelle il la trouvait en la Vierge Marie qui s'est identifiée avec l'Eglise dans la mesure même où elle s'y est spontanément mise à sa place comme simple croyante, sans que sa position unique vis-à-vis du Christ ait fait ombrage à Pierre ou aux apôtres.

Pressentir une rénovation radicale de l'Eglise et prendre pour modèle la plus effacée des fidèles, voilà un de ces paradoxes comme seuls en ont les authentiques créateurs, ceux qui posent les problèmes à leur vrai niveau. C'est cette lucidité calme qui explique la naissance de la Société de Marie et ce qu'elle a réussi à faire. Mais elle-même s'explique par l'homme, par ce qu'a su être ce Jean-Claude Colin dont le secret mérite d'être dit.

La naissance d'un projet
Né à l'aube de la Révolution, dans cette fraction de la paysannerie à qui un métier auxiliaire assure une certaine aisance, dans une famille où les convictions religieuses ne font qu'un avec la rudesse du tempérament montagnard, il voit à l'âge de quatre ans ses parents mourir en conséquence de leur attachement à la cause catholique.

A quatorze ans, il joint au petit séminaire cette pléiade de garçons qui va donner au diocèse de Lyon un clergé né dans la résistance au schisme et formé dans la tradition mystique de cette cité mariale.

Au grand séminaire, les projets fusent de toute part. Un seul retient Jean-Claude Colin : celui d'une Société de Marie qui, comme les autres, se propose de répondre aux besoins nouveaux, mais sous un jour qui est déjà un programme et qui définit une manière de faire toute de discrétion, d'humilité, de patience, de respect. C'est là seulement qu'il se sent à l'aise, cet orphelin habitué à peupler sa solitude de présences spirituelles, rêvant de vie pour Dieu seul en une société simple et intérieure, consacrée à la Sainte Vierge ». Peut être même cette vie sous la protection maternelle de Marie est-elle pour lui un refuge, une évasion.

Inconnu et caché
Ordonné prêtre et devenu vicaire à Cerdon (Ain), il commence son ministère en ermite. Mais, tandis qu'il prépare une ébauche de règle pour la société dont la fondation a été solennellement promise par lui et onze autres jeunes gens à Fourvière le 23 juillet 1816, il comprend ce que Dieu attend de lui : son rôle sera d'être inconnu et caché mais dans le monde et non hors du monde, d'utiliser son hypersensibilité pour comprendre celle de son temps, pour deviner les résistances qu'engendre chez l'homme moderne toute présentation indiscrète de la Foi. De là naîtra cette manière de faire inimitable, où la prudence peut-être excessive de l'homme se mêle à une intelligence très fine des conditions du témoignage apostolique et que Colin et ses compagnons vont progressivement appliquer dans leurs divers ministères.

Ce seront d'abord les missions du Bugey (1825-1829) à préoccupations purement catéchétiques, sans cérémonies coûteuses, sans romantisme ni invectives, sans glissement subtil de l'amour de l'autel à celui du trône. Puis, après 1829, on passe au collège séminaire de Belley où une pédagogie sans principes préconçus va trouver sa fin et ses moyens dans l'enfant lui-même dont on gagne la confiance par le respect qu'on lui témoigne. Ainsi se forme un style apostolique adopté par une équipe qui peu à peu s'agrandit.

Un chef spirituel
Quand, en 1836, Rome approuve la Société de Marie qui compte déjà vingt prêtres en deux diocèses, le choix d'un supérieur général tombe à l'unanimité sur Jean Claude Colin, non comme sur le seul capable de conduire l'oeuvre, mais comme celui qui incarne le mieux ce que la congrégation naissante a déjà de richesses spirituelles propres.

C'est lui, en effet, qui va montrer comment unir un programme d'action fièrement calqué sur celui de la Société de Jésus et un esprit puisé dans la méditation de la présence effacée de Marie ; comment on peut, au même moment, accepter la mission la plus lointaine du globe et rester convaincu que tous les pas sont inutiles s'ils ne conduisent pas vers ce centre de l'âme où une fois l'on a goûté Dieu,

De ces extrêmes Colin fait la synthèse en lui même avant d'y pousser ses confrères.

Ses visites qui mettent partout la vie, ses lettres aux mille nuances mais sans une ambiguïté, ses paroles qui remuent l'âme sans échauffer la tête révèlent le leader, le chef spirituel auquel des centaines de prêtres et séminaristes vont s'accrocher parce qu'il donne un sens nouveau à leur sacerdoce.

Mais il reste incurablement réfractaire à toute publicité, incapable de poser, même pour un photographe, comme s'il réservait son vrai visage pour Dieu qui voit dans le secret. Ennemi de toute mode, champion avant la lettre de l'authenticité, il la cherche, non dans la conformité de l'homme avec l'image qu'il se fait de lui-même ou avec celle que lui renvoie son milieu, mais dans le fait d'être tout simplement le même devant Dieu et devant les hommes parce qu'on a cessé de se préoccuper d'une image à donner. Que de décapage avant d'en arriver là ! Que de lentes simplifications obtenues par une ascèse qui n'est ni celle des sens ni celle du coeur, mais la poursuite impitoyable de cette préoccupation de soi même toujours renaissante et qui bloque toute générosité dans le service de Dieu !

C'est cette sagesse que Jean-Claude Colin rayonne par son être même, sous ses dehors de prêtre de campagne, celle dont il fait le secret de la formation au noviciat et la pierre de touche de l'action sacerdotale pour professeurs, confesseurs, missionnaires. Plus que bien d'autres, il a su enter une manière d'agir sur une manière d'être, un style apostolique sur une mystique, pariant sur le fait que la vérité de l'apôtre devant Dieu sera sa meilleure voie d'accès au coeur de l'homme.

La Neylière (www.neyliere.com)
Quand, après dix-huit ans passés à animer spirituellement la Société, il aura, en 1854, donné sa démission de supérieur général, sa longue vieillesse à La Neylière se passera à décanter cette expérience qui fut celle d'une génération autant que la sienne propre. Il ne veut pas mourir sans avoir laissé à la congrégation ses « premières idées » qui sont le secret de sa contribution propre à l'histoire de l'Eglise ; mais c'est un secrétaire qui composera, avec des éléments fournis par lui, l'article sur l'Esprit de la Société de Marie.

Sans avoir signé aucun livre et sans figurer sur le fronton d'aucune oeuvre, il ne se survivra qu'à travers une famille spirituelle qui ne porte pas son nom mais celui de Marie et n'aspire qu'à se fondre dans l'Eglise comme la Vierge elle-même le fit.

D’après Jean COSTE - Extrait de « Maristes », n° 55, décembre 1974


   
  Geneviève Dumont - Une femme sculpteur
 

L’Association Geneviève Dumont expose à Pollionnay les œuvres de Geneviève Dumont, femme sculpteur passionnée par l’utilisation des matériaux modernes. Ses recherches esthétiques la conduisirent à un art profondément original. Enseignant les arts plastiques, elle réalisa de nombreuses commandes publiques, en particulier dans la région lyonnaise.

 
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